187 millions de nuitées : le camping français est devenu un modèle exporté dans le monde

Camping haut de gamme en France avec mobil-homes design au milieu des pins, lumière dorée du soir

Quiz : connaissez-vous le camping français ?

Combien de nuitées l'hôtellerie de plein air française a-t-elle enregistrées en 2025 ?

187 millions de nuitées en 2025 — un record historique. C'est plus que la fréquentation hôtelière de nombreux pays européens.

Dans combien de pays le groupe français Huttopia exploite-t-il des campings ?

Huttopia est présent en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en Espagne, au Portugal, en Suède, aux États-Unis et au Canada. L'Argentine sera le 9e pays fin 2026.

Quel pourcentage des nuitées en camping se fait désormais en hébergement locatif (mobil-home, lodge, cabane) ?

Les hébergements locatifs représentent 55 % des nuitées et génèrent 60 % du chiffre d'affaires du secteur. L'emplacement nu (tente, caravane, camping-car) représente encore 45 % des nuits.

Le camping français a enregistré 187 millions de nuitées en 2025 — un record absolu. Ce chiffre dépasse la fréquentation hôtelière de pays entiers comme le Portugal ou la Grèce. Et ce n'est pas un hasard : l'hôtellerie de plein air française est devenue un modèle économique exporté sur trois continents, du Canada à l'Argentine en passant par la Suède. Derrière cette mutation, des groupes comme Huttopia (152 sites dans 8 pays), Camping Paradis (90 campings, un million de vacanciers) et Collection Rivages (glamping design sur l'île de Ré) ont transformé le camping en une industrie qui pèse des milliards. Voici comment la France a réinventé les vacances en plein air — et pourquoi le reste du monde copie son modèle.

187 millions de nuitées : d'où vient ce chiffre vertigineux ?

Posons le décor. La France compte 7 460 campings et 857 000 emplacements. C'est le plus grand parc d'hôtellerie de plein air d'Europe. Et en 2025, ces établissements ont accueilli 187 millions de nuitées selon la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA), soit une progression de 4,5 % par rapport à 2024.

Pour donner un ordre de grandeur : 187 millions de nuitées, c'est davantage que toute l'hôtellerie traditionnelle grecque sur une année complète. La Bretagne, le Verdon, la côte atlantique affichent complet de plus en plus tôt. Trois régions captent à elles seules la moitié des nuitées nationales : la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d'Azur.

« Depuis 25 ans, le secteur est entré dans un cercle vertueux », résume Nicolas Dayot, président de la FNHPA. « L'arrivée des mobil-homes et des hébergements locatifs a permis d'attirer une nouvelle clientèle, d'augmenter le chiffre d'affaires. »

55 % des nuits ne se passent plus sous la tente : qu'est-ce qui a changé ?

Tenez, voilà le chiffre qui résume tout. Les hébergements locatifs — mobil-homes, chalets, lodges, cabanes — représentent désormais 55 % des nuitées en camping. Ils génèrent 60 % du chiffre d'affaires du secteur. L'emplacement nu (tente, caravane, camping-car) reste, avec 51 % de l'offre, mais il ne pèse plus que 45 % des nuits et 40 % du chiffre d'affaires.

Autrement dit : la majorité des gens qui « vont au camping » en France ne plantent plus de sardines. Ils dorment dans un hébergement en dur, avec salle de bains, cuisine équipée, terrasse et parfois climatisation. C'est un changement structurel qui s'est accéléré entre 2000 et 2020.

La durée moyenne d'un séjour ? 6,3 jours — soit trois fois plus longue qu'un séjour hôtelier classique (2,1 nuits en moyenne en France). Les familles restent. Elles reviennent. Et elles dépensent.

Huttopia : 152 sites dans 8 pays, et l'Argentine en 2026

Si un groupe incarne cette mutation, c'est Huttopia. Fondé en 1999 en France, le groupe familial exploite aujourd'hui 152 sites à travers trois marques : Huttopia (68 sites), OnlyCamp (68 sites) et CityKamp (7 sites). Huit pays, trois continents.

La liste des implantations donne le vertige : France, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Portugal, Suède, États-Unis, Canada. Et en novembre 2026, l'Argentine deviendra le 9e pays avec l'ouverture d'un site à Mar Azul, station balnéaire de la province de Buenos Aires.

La recette d'Huttopia ? Une esthétique sobre — tentes canadiennes en bois, cabanes sur pilotis, lodges en toile — plantée dans des forêts, au bord de lacs ou en montagne. Pas de béton. Pas d'animation karaoké. Un design français reconnaissable entre mille, que le groupe ouvre 5 à 7 nouvelles destinations chaque année.

Aux États-Unis, Huttopia a trouvé un marché : les Américains qui veulent du camping sans renoncer au confort. Au Canada (province du Québec), le « prêt-à-camper » Huttopia attire une clientèle qui n'aurait jamais mis les pieds dans un camping traditionnel. En Suède, l'intégration dans la nature scandinave colle à l'ADN du groupe.

Camping Paradis : comment une série TF1 est devenue une franchise de 90 campings

Passons au phénomène le plus inattendu. Camping Paradis, c'est d'abord une série télévisée française créée par Michel Alexandre, diffusée sur TF1 depuis le 21 novembre 2006. Laurent Ournac y incarne un directeur de camping bonhomme et débrouillard. La série fête ses 20 ans en 2026.

Mais depuis plusieurs années, la marque « Les Vacances Camping Paradis » est aussi un réseau de franchise. Plus de 90 campings en France et en Espagne. Un million de vacanciers par an. L'objectif affiché : atteindre 150 sites.

Et le résultat ? En 2026, Camping Paradis a été élue « Marque Préférée des Français » dans la catégorie Camping — pour la troisième fois consécutive. Une série télé qui devient une marque touristique de premier plan, c'est un cas d'école que les business schools devraient étudier.

Le modèle repose sur la franchise : les campings indépendants rejoignent le réseau, adoptent la charte visuelle et les standards de service, et bénéficient de la notoriété colossale de la série. Tout le monde y gagne. Le camping indépendant accède à un flux de réservations. La marque étend son maillage sans investir dans le foncier.

Maeva et Collection Rivages : quand les grands groupes et le design entrent en jeu

La filiale Maeva, rattachée au Groupe Pierre & Vacances Center Parcs, est devenue le premier franchiseur d'hôtellerie de plein air en France. Plus de 150 campings indépendants opèrent sous sa bannière. Maeva s'est récemment offert les marques Camping Paradis et Ushuaïa Villages — un signal fort : les grands groupes du tourisme français considèrent désormais le camping comme un segment stratégique, pas comme un cousin pauvre de l'hôtellerie.

À l'autre bout du spectre, Collection Rivages incarne la montée en gamme radicale. Fondé en 2022, ce groupe acquiert des campings existants et les transforme en « hôtels de plein air » mêlant design, développement durable et intégration paysagère. Cinq destinations en France, dont Le Phare sur l'île de Ré — à 50 mètres de la plage, entre dunes et marais salants.

Les hébergements portent des noms qui n'évoquent plus du tout le camping : « Cabane de Ré », « Beach House ». Les matériaux sont nobles. Les terrasses sont pensées comme des extensions de salon. Collection Rivages ne cible pas les familles en quête de mobil-home à petit prix. Elle cible les clients d'hôtels quatre étoiles qui veulent dormir dehors sans renoncer au design.

69 % de Français, 31 % d'étrangers : qui campe en France ?

Les données INSEE sont limpides : 69,3 % des nuitées en camping sont le fait de touristes français. Les 30,7 % restants viennent majoritairement des Pays-Bas, d'Allemagne et du Royaume-Uni.

Ce ratio est important. Il montre que le camping français ne dépend pas massivement de la clientèle internationale — contrairement à l'hôtellerie parisienne, par exemple, où les étrangers pèsent plus de 60 %. Le camping est un phénomène de consommation domestique. Les Français campent en France. Ils le font de plus en plus. Et ils le font de plus en plus longtemps : 6,3 jours en moyenne, contre 5,8 jours il y a dix ans.

Les Néerlandais arrivent en tête des clientèles étrangères. Historiquement, ils sont les plus gros consommateurs de camping en Europe rapportés à leur population. L'Allemagne suit. Le Royaume-Uni complète le podium — mais le Brexit a réduit le flux, et la dévaluation de la livre n'a pas aidé.

Le revers de la médaille : le camping traditionnel disparaît-il ?

On ne peut pas raconter cette success story sans en mentionner l'ombre. La montée en gamme a un coût. Les campings municipaux à petits prix, les emplacements nus sous les platanes, les terrains familiaux transmis de génération en génération — tout cela recule.

Le nombre de campings en France diminue régulièrement depuis quinze ans. En 2010, on en comptait plus de 8 200. En 2024, ils sont 7 460. La différence ? Essentiellement des petits campings 1 ou 2 étoiles qui ferment, remplacés par des résidences de mobil-homes ou absorbés par des groupes plus grands.

La montée en gamme attire de nouveaux clients. Mais elle exclut aussi une partie du public historique du camping : les familles modestes, les campeurs itinérants, les vanlifers. Les fonds d'investissement — français et internationaux — achètent des terrains à fort potentiel littoral pour les transformer en resorts de plein air. Le « cercle vertueux » décrit par Nicolas Dayot ne bénéficie pas à tout le monde de la même manière.

C'est un débat que la FNHPA elle-même reconnaît : la pression sur le chiffre d'affaires moyen par séjour est réelle. La fréquentation progresse, mais les recettes par nuit se tassent dans les segments d'entrée de gamme. Les vacanciers arbitrent plus serré.

Pourquoi le modèle français s'exporte-t-il si bien ?

Trois raisons. D'abord, le savoir-faire. La France a 70 ans d'expérience du camping de masse — depuis les premiers congés payés et les Trente Glorieuses. Cette expérience a produit une réglementation, des normes de classement (1 à 5 étoiles), des formations professionnelles et une culture de l'accueil en plein air qui n'a pas d'équivalent ailleurs en Europe.

Ensuite, le design. Les groupes français comme Huttopia ou Collection Rivages ont compris que le camping souffrait d'un déficit d'image. Ils ont investi dans l'architecture, les matériaux, l'intégration paysagère. Résultat : leurs sites ressemblent à des écolodges scandinaves, pas à des parkings de mobil-homes.

Enfin, le prix. Un séjour d'une semaine en camping 3 ou 4 étoiles dans les Landes ou en Ardèche coûte entre 500 et 1 200 € pour une famille de quatre personnes (à vérifier avant votre départ). C'est deux à trois fois moins qu'un séjour comparable en hôtel ou en club de vacances. Le rapport qualité-prix est redoutable.

Questions fréquentes

Le camping français est-il encore abordable malgré la montée en gamme ?

Oui. Si les hébergements premium (lodges, cabanes design, mobil-homes haut de gamme) affichent des tarifs comparables à l'hôtellerie classique, les emplacements nus représentent encore 51 % de l'offre nationale. La FNHPA rapporte que la durée moyenne d'un séjour est de 6,3 jours, ce qui reste nettement plus long — et donc moins cher par nuit — que le séjour hôtelier moyen en France (2,1 nuits). Les campings 1 à 3 étoiles proposent des nuits entre 15 et 40 € l'emplacement selon la saison et la région. À vérifier avant votre départ : les tarifs varient fortement entre la haute saison (juillet-août) et les ailes de saison (mai-juin, septembre).

Quelles régions françaises concentrent le plus de nuitées en camping ?

Trois régions captent à elles seules près de 50 % des nuitées : la Nouvelle-Aquitaine (côte atlantique, Dordogne, Landes), l'Occitanie (littoral méditerranéen, Cévennes) et la Provence-Alpes-Côte d'Azur. La Bretagne et les Pays de la Loire complètent le top 5. La Nouvelle-Aquitaine bénéficie d'un littoral de 720 km et d'un arrière-pays riche en campings nature. Les campings du Verdon et de l'Ardèche attirent une clientèle sportive (canoë, escalade). À vérifier avant votre départ : les campings les plus demandés affichent complet dès mars pour la saison estivale.

Le modèle français de camping s'exporte-t-il vraiment à l'étranger ?

Oui, et c'est l'un des faits les plus méconnus du tourisme français. Le groupe Huttopia, fondé en 1999, exploite 152 sites dans 8 pays sur 3 continents : France, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Portugal, Suède, États-Unis et Canada. En novembre 2026, l'Argentine deviendra le 9e pays avec un site à Mar Azul. Huttopia ouvre 5 à 7 nouvelles destinations par an. La marque Camping Paradis, née de la série TF1 diffusée depuis 2006, compte plus de 90 campings en France et en Espagne, avec l'objectif d'atteindre 150 sites. Le modèle français — allier nature, confort et design — est copié au Royaume-Uni, en Scandinavie et en Amérique du Nord.

Pour aller plus loin

  1. Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air — FNHPA
  2. Parc et fréquentation des campings en France — INSEE
  3. Huttopia — site officiel groupe — Huttopia Corporate
  4. Collection Rivages — hôtels de plein air — Collection Rivages
  5. Les Vacances Camping Paradis — Campings Paradis
Les informations pratiques (tarifs, fréquentation, nombre de sites) mentionnées dans cet article sont basées sur les données disponibles au 2 avril 2026. Elles peuvent évoluer. Vérifiez directement auprès des prestataires avant votre départ.

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