Madrid : un jardin secret ouvert par 7 sculptures de 5 mètres
Quiz : que savez-vous de ce jardin secret de Madrid ?
Quelle est la hauteur approximative de la plus grande sculpture exposée dans ce jardin ?
Depuis quelle ville Thomas Houseago travaille-t-il depuis 2004 ?
Combien coûte l'entrée de cette exposition dans le jardin de Banca March ?
Au 75, calle de Castelló — en plein quartier Salamanca de Madrid — une banque centenaire vient d'ouvrir son jardin privé au public. Gratuitement, pendant six mois, du 1er mai au 31 octobre 2026. Sept sculptures monumentales de Thomas Houseago, certaines de presque cinq mètres de haut, en bronze, plâtre et aluminium, occupent désormais cet espace que les Madrilènes eux-mêmes ne connaissaient pas. C'est la première exposition de ce sculpteur britannique en Espagne — et l'un des événements culturels les plus inattendus du printemps 2026 dans la capitale espagnole. Un jardin secret à quelques rues du Museo del Prado, caché derrière une façade bancaire, qui n'avait jamais ouvert ses grilles au public.
Où se cache ce jardin que les Madrilènes eux-mêmes ne connaissaient pas ?
Tenez, un repère. Le quartier Salamanca, c'est le VIIIe arrondissement de Paris transposé à Madrid — immeubles haussmanniens, boutiques de luxe, trottoirs larges, pas un tag en vue. Sauf qu'ici, au milieu des banques et des ambassades, un jardin dort derrière les murs du siège de Banca March depuis un siècle.
L'adresse exacte : 75, calle de Castelló, 28006, Madrid. À dix minutes à pied du Parc du Retiro. À quinze minutes du Museo del Prado. Et à cinq minutes du Museo Arqueológico Nacional. Pourtant, aucun guide touristique ne le mentionne. Aucune carte de Madrid ne l'indique. C'est un jardin privé — point final.
Jusqu'au 1er mai 2026. Ce jour-là, Banca March — une institution financière espagnole fondée il y a cent ans — a décidé d'ouvrir ses grilles. Le prétexte : sept sculptures monumentales du Britannique Thomas Houseago, installées entre les arbres et les allées. Le résultat : un espace que les touristes ne trouveront dans aucun top 10, parce qu'il n'existait pas sur la carte publique il y a encore une semaine.
C'est ce qui rend l'événement fascinant. On ne parle pas d'un musée qui ouvre une nouvelle salle. On parle d'un lieu qui n'a jamais existé pour le public — et qui va disparaître à nouveau le 31 octobre. Comme les canaux à double étage d'Utrecht — un patrimoine caché en pleine ville, que seuls ceux qui savent peuvent voir.
Thomas Houseago : qui est ce sculpteur que l'Espagne découvre enfin ?
Thomas Houseago est né à Leeds, en Angleterre, en 1972. Il a étudié à la Central Saint Martins de Londres — la même école que Alexander McQueen et Stella McCartney — puis à De Ateliers d'Amsterdam. Depuis 2004, il vit et travaille à Los Angeles, en Californie.
Son parcours est impressionnant. Le Centre Pompidou-Metz l'a exposé. Le Musée d'Art Moderne de Paris aussi. La Royal Academy of Arts de Londres également. Thomas Houseago fait partie de ces sculpteurs dont les œuvres occupent les plus grands espaces muséaux d'Europe et des États-Unis.
Et pourtant, l'Espagne ne l'avait jamais accueilli. Pas une seule exposition sur le sol espagnol avant mai 2026. Un cas rare pour un artiste de cette envergure — surtout dans un pays qui possède le Museo del Prado, le Museo Reina Sofía et la Fondation Miró de Barcelone.
Ce qui caractérise Thomas Houseago ? Des sculptures monumentales qui explorent la figure humaine. Pas des corps réalistes — des formes expressives, brutes, qui mêlent le geste ancestral de la taille avec des matériaux contemporains. Du bronze. Du plâtre. De l'aluminium. Des varilles de fer. Du chanvre. Les mains de Houseago travaillent la matière comme un potier géant — sauf que ses pots font cinq mètres de haut.
Comme il le dit lui-même : « En tant que sculpteur, j'essaie de capter mes pensées et mon énergie dans un matériau inerte et de lui donner vérité et forme. » C'est exactement ce qui se passe dans ce jardin de Madrid — des blocs de matière qui prennent vie entre les arbres du quartier Salamanca.
De Rodin à Darth Vader : les clés pour décoder sept sculptures
Bon. Maintenant qu'on connaît l'homme, passons aux œuvres. Thomas Houseago ne crée pas dans le vide. Son travail est un dialogue permanent avec l'histoire de la sculpture — et avec la culture populaire.
D'un côté, Auguste Rodin. Pablo Picasso. La tradition de la sculpture figurative du XXe siècle. Les grands gestes, les masses imposantes, la matière qui porte l'émotion. Thomas Houseago regarde ces maîtres comme un musicien de jazz regarde Charlie Parker — avec respect et la ferme intention de faire autrement.
De l'autre, Ziggy Stardust de David Bowie. Darth Vader de George Lucas. La culture pop des années 1970-1980 qui a façonné l'imaginaire de sa génération. Ses sculptures portent cette double filiation : la noblesse de Rodin croisée avec l'énergie brute d'un personnage de science-fiction.
Résultat : des œuvres qui ne ressemblent à rien d'autre. Ni classiques ni contemporaines au sens étroit — plutôt un pont entre deux mondes. La curatrice Anne Pontégnie, qui a conçu l'exposition avec la maison de production culturelle Vande, a choisi sept pièces qui illustrent cette tension. Chaque sculpture dialogue avec le jardin — les masses de bronze contre la légèreté des feuillages, les surfaces brutes contre le calme d'un espace clos.
Et c'est là que ça devient fascinant. Dans un musée, ces sculptures seraient des objets à regarder. Dans un jardin privé de Madrid, elles deviennent des présences — comme si sept géants avaient décidé de s'installer entre les arbres du quartier Salamanca. L'effet est comparable à ce qu'on ressent devant les 23 sculptures de Fernando Botero à Medellín — sauf qu'ici, le décor n'est pas une place publique mais un lieu secret.
Large Walking Figure I : la pièce qui domine le jardin
Parmi les sept sculptures exposées, une domine physiquement l'espace. Large Walking Figure I a été créée par Thomas Houseago à Leeds en 2013. Elle mesure presque cinq mètres de haut — l'équivalent d'un immeuble de deux étages.
Cinq mètres. Pour donner une échelle : c'est la hauteur d'un réverbère parisien. Ou d'une girafe adulte. Sauf que là, il s'agit d'une figure humaine en train de marcher — figée dans le bronze et le plâtre, mais avec une énergie cinétique qui donne l'impression qu'elle pourrait reprendre sa route à tout moment.
L'autre pièce à ne pas manquer : Janus - Mirror - Figure, créée en 2025. C'est l'œuvre la plus récente de l'exposition. Elle illustre le croisement entre les influences primitives et le langage contemporain qui définit le travail actuel de Thomas Houseago. Une figure à deux visages — comme le dieu romain Janus — qui regarde le passé et l'avenir en même temps.
Cette dualité est d'ailleurs au cœur du projet. Banca March fête ses cent ans avec le slogan « Un futuro con historia » — un avenir avec une histoire. Les sculptures de Houseago incarnent exactement cette tension : des formes qui puisent dans la tradition millénaire de la sculpture tout en projetant quelque chose de radicalement neuf.
Les matériaux eux-mêmes racontent cette histoire. Le bronze — le métal de Rodin, de la statuaire classique. L'aluminium — léger, industriel, moderne. Le chanvre et les varilles de fer — des éléments bruts, presque architecturaux, qui rappellent le chantier plutôt que le musée. Comme les sentiers géologiques français qui superposent cinq époques sous les pieds du marcheur, les sculptures de Houseago empilent les références historiques dans un seul corps de matière.
Pourquoi une banque centenaire ouvre-t-elle son jardin ?
Banca March fête ses cent ans en 2026. Quatre générations d'une même famille à la tête d'une institution financière espagnole. Ce n'est pas anodin : la plupart des banques européennes ont été rachetées, fusionnées ou nationalisées depuis un siècle. Celle-ci est restée familiale.
Pour marquer le centenaire, Banca March a choisi l'art plutôt que la publicité. Pas un spot télévisé. Pas une campagne d'affichage. Un geste : ouvrir un espace privé au public et y installer des œuvres d'un sculpteur que l'Espagne n'avait jamais accueilli.
Le choix de Thomas Houseago n'est pas un hasard. La banque revendique des valeurs — compromis, intégrité, effort, ambition — qui trouvent un écho dans le travail du sculpteur. Des pièces qui « défient les limites de la matière et de l'espace », selon les mots de l'institution. Un langage « honnête et direct ». Des œuvres qui ne cherchent pas à séduire — qui s'imposent par leur présence physique.
C'est un modèle qu'on voit émerger ailleurs en Europe. Au Lac de Côme, un palazzo de 1830 est devenu un hôtel Marriott qui accueille le chef du Mirazur. Au Bhoutan, TUI ouvre 34 suites au pied d'un monastère. Le principe est le même : un lieu privé qui s'ouvre, avec un prétexte culturel ou hôtelier, créant une expérience impossible à reproduire ailleurs.
La différence à Madrid : c'est gratuit. Pas de billet, pas de réservation, pas de file d'attente. On entre, on regarde, on repart. Six mois pour découvrir un jardin centenaire et sept sculptures d'un artiste majeur — sans débourser un centime.
Six mois, entrée gratuite : ce qu'il faut savoir avant d'y aller
Voici les données brutes. L'exposition « Thomas Houseago. Esculturas, Jardín Banca March » est ouverte du 1er mai au 31 octobre 2026. L'adresse : 75, calle de Castelló, 28006, Madrid. L'entrée est gratuite.
Le quartier Salamanca est desservi par plusieurs stations de métro — Velázquez (ligne 4), Goya (lignes 2 et 4), Príncipe de Vergara (lignes 2 et 9). En train depuis la France, Madrid est accessible via la gare de Chamartín — comptez 10 h en TGV depuis Paris, ou 2 h 30 en avion.
Ce qui rend cette exposition rare, c'est sa temporalité. Six mois. Pas un musée permanent. Pas une installation pérenne. Un jardin qui s'ouvre — et qui se refermera. Si vous êtes à Madrid entre mai et octobre 2026, c'est maintenant ou jamais. Le jardin redeviendra privé le 1er novembre.
Autour, le quartier Salamanca offre le Museo Arqueológico Nacional (gratuit le samedi après-midi), la Fundación Juan March (toujours gratuit), et les allées du Parc du Retiro à dix minutes à pied. Madrid, c'est aussi le Museo del Prado, le Museo Reina Sofía et le Thyssen-Bornemisza — trois des plus grands musées d'Europe accessibles en une journée. Mais aucun d'entre eux ne propose un jardin secret avec des sculptures de cinq mètres sous les arbres.
Pour les voyageurs français qui planifient leur été 2026, Madrid combine art, gastronomie et architecture à des prix encore raisonnables par rapport à Paris ou Londres. Et cette exposition ne coûte rien — ce qui est rare pour un événement de cette envergure.
Les horaires exacts et conditions d'accès sont à vérifier avant votre départ auprès de Banca March.
Questions fréquentes sur l'exposition Thomas Houseago à Madrid
Où se trouve exactement l'exposition Thomas Houseago à Madrid ?
L'exposition Thomas Houseago se trouve dans le jardin du siège de Banca March, au 75 calle de Castelló, dans le quartier Salamanca de Madrid (code postal 28006). C'est un jardin privé habituellement fermé au public, ouvert exceptionnellement du 1er mai au 31 octobre 2026. Le quartier Salamanca est l'un des plus élégants de Madrid, à quelques rues du Museo del Prado et du Parc du Retiro. L'entrée est gratuite, sans réservation. Les horaires exacts et conditions d'accès sont à vérifier avant votre départ auprès de Banca March directement.
Qui est Thomas Houseago et pourquoi est-ce sa première exposition en Espagne ?
Thomas Houseago est un sculpteur britannique né à Leeds en 1972. Formé à la Central Saint Martins de Londres puis à De Ateliers d'Amsterdam, il vit et travaille à Los Angeles depuis 2004. Ses œuvres monumentales — en bronze, plâtre et aluminium — explorent la figure humaine avec des références allant d'Auguste Rodin à la culture pop. Il a exposé au Centre Pompidou-Metz, au Musée d'Art Moderne de Paris et à la Royal Academy de Londres. Malgré cette carrière internationale, l'Espagne n'avait jamais accueilli son travail avant mai 2026. C'est le centenaire de Banca March qui a rendu cette première possible.
Peut-on visiter le jardin de Banca March en dehors de l'exposition ?
Non. Le jardin du siège de Banca March est un espace privé, habituellement fermé au public. Il n'est accessible qu'à l'occasion de cette exposition temporaire, du 1er mai au 31 octobre 2026. C'est ce qui rend l'événement exceptionnel : un jardin que les Madrilènes eux-mêmes ne connaissaient pas s'ouvre pour la première fois grâce à sept sculptures monumentales. Une fois l'exposition terminée, le jardin redeviendra privé. Les conditions d'accès sont à vérifier avant votre départ auprès de Banca March.
Pour aller plus loin
- Banca March — Site officiel de Banca March
- Comunidad de Madrid — Agenda culturelle de la Communauté de Madrid
- Museo del Prado — Site officiel du Musée du Prado
- Museo Reina Sofía — Site officiel du Museo Reina Sofía
- Turismo Madrid — Office du tourisme de Madrid
